J'ai intitulé cet article électrochoc car ce que je m'apprête à dire ne va pas plaire. Je vais parler d'un sujet complètement tabou qui est très rarement évoqué en public dans une société très très pudique comme la nôtre.
Quand je dis EPISIOTOMIE, avez-vous une idée de ce que c'est ? Les mères le savent, beaucoup de jeunes filles ne le savent pas, la majeure partie des hommes ne le savent pas.
Je vous explique donc : lorsqu'une femme veut accoucher (pour la première fois surtout) il peut arriver que malgré ses poussées le bébé n'arrive pas à sortir. soit que le bassin est très étroit, soit que la maman est très fatiguée et n’arrive plus à bien pousser. Quand la sage femme voit que le le bébé et la maman sont en souffrance et que leur vie est menacée, elle prend des ciseaux ou je ne sais quel instrument et elle déchire le périnée pour faciliter la sortie du bébé. À la fin elle coud la déchirure qui mettra entre 3 semaines et 2 mois pour cicatriser. Donc quand la femme descend de la table d'accouchement, en plus des saignements qui vont durer au moins deux semaines, elle doit faire avec la douleur de cette plaie 24 heures sur 24 jusqu'à ce que vienne la cicatrisation.
En cas de CESARIENNNE, la déchirure se fait au niveau du bas du bas ventre pour en extraire le bébé. Cette plaie aussi met des jours à se cicatriser et la maman en souffre énormément.
Parlons maintenant des CREVASSES : ce sont des égratignures très douloureuses causées par la succion du bébé sur les tétons de sa maman. Dans certains cas, les crevasses peuvent s'accompagner de saignements mais on conseille à la mère de ne pas arrêter l'allaitement parce que plus le bébé tête plus vite la montée de lait se fera et mieux elle sera soulagée.
Jusque là ça va ?
Vous n'êtes pas choqués ?
Lisez plutôt cette histoire
Jean et Valérie viennent d'avoir leur premier enfant. Le nouveau papa très heureux fait venir sa mère pour porter assistance à Valérie. La mère de Jean arrive juste à temps pour le départ de Valérie à l'hôpital. L'accouchement se passe bien et la petite famille retourne ensemble chez eux après un séjour de 48 heures à la maternité. Valérie étant très fatiguée et ployant sous la douleur de l'épisiotomie, les yeux rougis par 3 nuits successives sans sommeil tente de gagner son lit avec son bébé qui dort pour essayer de se reposer un peu. À peine une heure plus tard, elle est réveillée par les cris du bébé qui réclame la tétée. Elle se lève immédiatement et donne le sein à son bébé. Le bébé pleure parce que Valérie n'a pas encore de lait et Valérie pleure parce que toutes ces crevasses lui sont insupportables et la position assise lui rappelle les 10 points de sutures que lui a infligés la sage femme.
Quelques instants plus tard Valérie confie le bébé à sa grand-mère car elle doit déjà s'activer à la cuisine.
Valérie finit de faire la cuisine et commence à nettoyer le désordre créé par ses deux jours d’absence dans la maison. Valérie a accouché samedi et nous sommes mardi. Le reste de la semaine se poursuit avec la même routine : Les matins, la mère de Jean donne le bain au bébé et fait un petit massage à Valérie. Ensuite Valérie prépare et sert le petit déjeuner à toute la famille. Elle débarrasse ensuite et commence la cuisine pour midi. Après le déjeuner, le temps de faire la vaisselle et de laver les habits du bébé qui ne finissent pas d’empiler, Valérie doit retourner en cuisine pour apprêter le repas du soir. Petite précision : la mère de Jean ne mange pas le même repas à midi et le soir.
Les nuits, les pleurs incessants du bébé ne permettent pas à Valérie de bien récupérer, ce qui fait que sa fatigue ne fait que s’accumuler. Jean a d’ailleurs aménagé dans le canapé au salon parce que les pleurs du bébé l’empêchent de dormir pour être opérationnel pour son boulot.
Le samedi, en plus de ses corvées habituelles, Valérie a fait la lessive de son mari et celle de sa belle-mère, nettoyé la maison, les toilettes, bref un ménage général. Le soir venue, elle a préparé du riz avec de la sauce pâte d’arachide.
Vers 20h, Jean n’étant pas encore rentré, Valérie met la table et invite sa belle mère à dîner.
Découvrant le repas servi, la mère de Jean lui dit : ma fille, moi je n’aime pas trop cette sauce. J’aimerais bien manger du tô avec la sauce gombo s’il te plaît. Valérie étant très fatiguée dit à sa belle maman : maman, est ce que ça peut attendre demain, vraiment je suis très fatiguée avec la dure journée que j’ai eu aujourd’hui.
Au retour de Jean à 21h, sa mère lui signifie que sa femme a refusé de lui faire à manger ce qu’elle lui a demandé. Jean se met alors en colère et rejoint Valérie dans la chambre : Valérie, tu as refusé de faire à manger à ma maman? ça ne va pas chez toi? Si tu es mal éduquée, ce n’est pas avec ma maman tu vas faire ça ok?
Une bagarre éclate…
Le bébé pleure, parce qu’il fait ses premiers pas dans le monde des humains, Valérie pleure parce qu’elle a mal, mal partout, mal à son corps, mal à son âme…
Je m’arrête là
Mais je voudrais vous dire ceci : il y a plus de Valérie autour de nous que vous ne puissiez l’imaginer. Des Valérie qui pleurent en silence parce qu’incomprises. Incomprises parce qu'une société entière a normalisé leur souffrance Epi
Il y a beaucoup de Jean autour de nous qui ne sont pas coupables mais juste ignorants.
Ignorants parce qu’ils n’ont pas appris. Ignorants parce que personne ne leur a dit.
Voilà, j’espère que cette histoire vraie vous aura appris quelque chose si vous ne le saviez pas.
Prenez soin de vous!


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